Keit Vimp Bev, an ti embann e brezhoneg !

Visant Crequer

 

 

 

(Entretien paru dans Ya! 164)

 

Il a 18 ans et il est déjà écrivain? Quand on dit qu'on ne peut pas compter sur les jeunes, c'est faux...

 


Comment vous êtes-vous mis à écrire ?


A l’école nous étudiions des livres, « E doare Picasso » (« à la manière de Picasso ») ou « Pikoù, mab e dad » (« Picou, fils de son père »)… Et cela ne me plaisait pas. Ces livres étaient trop loin de ce que les jeunes attendent. J’ai écris pour qu’il y ait quelque chose de plus que des livres écrits en bon breton, et c’est tout. Il est important de proposer des histoires agréables à lire.

 


Quand avez-vous commencé ?


J’ai commencé quand j’étais en seconde, il y a trois ans. Au début, j’étais plutôt attiré par la fiction et les bandes dessinées. Je voulais faire comme l’on fait pour certains livres en français. J’ai écrit une histoire pour une bande-dessinée. Mais il est difficile de trouver un dessinateur. En attendant, j’ai écrit une histoire pour expliquer cette bande-dessinée, pour faire comprendre aux lecteurs le monde que j’ai imaginé.

 


Quelle a été la chose la plus difficile ?


Réécrire à l’ordinateur parce que je ne tape pas très vite. Toute l’histoire est dans ma tête et il faut la mettre sur le papier pour les autres…

 


Et la plus agréable ?


Quand les autres me disent que c’est très bien d’être capable d’écrire un livre à mon âge. Pourtant, ce n’est pas dur. Tout le monde peut en faire autant. Il faut être capable d’écrire pendant longtemps, c’est tout. Certains commencent mais ne vont pas jusqu’au bout.

 


Vous auriez un conseil à donner à ceux qui aimeraient également se lancer ?


Il faut en parler avec d’autres gens, pour être aidé, pour qu’ils vous donnent de l’énergie. Il ne faut pas mener ce projet seul. Si vous avez beaucoup de gens derrière vous, vous irez jusqu’au bout.

 


Vous avez donc été aidé ?


Pendant un moment, je ne faisais plus rien. Je m’étais arrêté. Deux camarades de classe m’ont poussé à continuer. Finalement ce fut plus facile que ce que je pensais. Mes frères, eux aussi, étaient derrière moi pour m’encourager à taper à l’ordinateur.

 


Qui est votre maître ès écriture ?


J’aime les livres de Tolkien ou d’Eragon. J’aime beaucoup la fiction. D’une certaine façon, je vis déjà dans ce monde-là. Je participe à des jeux de rôles. Je dois imaginer des histoires et les continuer ensuite. Il faut imaginer un monde fictif. On peut mélanger les mondes, mais aussi mélanger la fiction et la réalité…

 


Et maintenant, après ce livre, qu’y aura-t-il ?


On verra déjà ce que vont penser les gens de ce premier livre. Il contient beaucoup d’idées, pour moi, il y a de la matière. Il y a assez de bases pour aller plus loin. J’ai déjà une autre histoire. Elle se déroule avant celle qui est dans le livre mais je ne sais pas si j’aurai encore le temps de m’y atteler. Je vais en prépa l’année prochaine et ce sera dur de tout faire. Je suis également musicien. Je suis président d’une association de jeu… Voici pourquoi j’ai mis trois ans à écrire ce livre. Il me fallait m’organiser pour mon emploi du temps.

 


Qu’aimez-vous faire pour vous changer les idées, après avoir travaillé ?


Aller sur l’ordinateur et jouer à des jeux qui ne demandent aucune réflexion… où il suffit de tirer sur les personnages… Ou encore regarder la télé. J’aime beaucoup “C’est dans l’air”.

 


Quel livre emmeneriez-vous sur une île déserte ?


Un livre de survie parce que je ne suis pas capable de vivre longtemps en pleine nature.

 


Et avec qui aimeriez-vous être enfermé dans un ascenseur pendant une heure ?


Avec le héros d’ “Into the Wild”, Christopher McCandless, qui a quitté la société pour se réfugier dans la nature, pour connaître sa vision de la société.

 


Quels plats préparez-vous quand vous vous mettez à la cuisine ?


Des sandwichs, des steacks hachés, des pâtes…

 


Une fée vient vous proposer d’exaucer un voeu, uniquement un. Que lui demanderiez-vous ?


Procurer de la nourriture à tous au monde serait déjà bien.


Vous êtes dans une machine à remonter le temps. On vous propose de choisir votre siècle et votre lieu. Que choisissez-vous ?


Pendant les Croisades, du côté de Jérusalem. J’aurais bien aimé être Templier.


Avec qui aimeriez-vous bien échanger de vie pendant une semaine ?


J’irais bien dans la peau du Président de la République pour avoir une semaine pour changer les choses et pour voir si c’est si difficile comme métier…

 


Quel métier auriez-vous aimé faire ?


C’est un peu special… J’aurais voulu être producteur de film, à grand budjet. De films en Breton, évidemment.

 


Devant quoi restez-vous émerveillé ?


Devant un très beau dessin, quand on ne peut plus faire la différence entre le dessin et la réalité.

 


Quel talent auriez-vous aimé posséder ?


Savoir dessiner.

 

Que possédez-vous, d’aucune valeur mais auquel vous êtes très attaché et que vous ne donneriez à personne, en aucun cas ?


Une boîte qui est dans ma chambre, dans laquelle j’ai rassemblé ce qui était important pour moi, autrefois, quand je partais en voyage. Mais bon… ce sont des choses un peu nulles, comme une fourchette plastique de tel endroit, mais je ne sais plus d’où…

 


Quel est le proverbe que vous préférez ?


“Heureux sont les simples d'esprit”. Est-ce très plaisant d’être simple d’esprit ? J’ai trop de questions, dans ma tête. J’ai du mal à me réjouir de quelque chose. Ainsi j’aurais moins de questions à tourner dans ma tête et je serais plus gai.

 


Vous aimeriez envoyer une lettre de doléances à quelqu’un en particulier. A qui l’adresseriez-vous et pourquoi ?


Aux hommes politiques, en général. Pour qu’ils écoutent davantage le peuple. Ils ne sont pas assez proches des gens, en général.

 


Et une lettre de félicitations ?


A Christian Troadec qui a bien défendu l’hôpital de Carhaix.


Quelle est la personne qui vous a donné les plus précieuses leçons pour mener votre vie?


Il y en a beaucoup… Mes grands-parents, car ils vivent dans une ferme, à la campagne. C’est une autre manière de vivre. Mes autres grands-parents vivent en ville. Ce n’est pas mal non plus. C’est mieux ainsi, pour être équilibré.

 


Quelle est la leçon la plus importante à donner aux enfants, aujourd’hui ?


Il ne faut pas faire comme les autres, mettre des habits de marque… Il faut être quelqu’un de différent. Il ne faut pas toujours faire partie d’un groupe. Aujourd’hui un type réfléchit pour dix autres, et les autres les suivent. Et, en fin de compte, nous avons une société où nous sommes tous identiques.

 


Dans le monde qui vous entoure, qu’y-a-t’il que vous ne comprenez pas et que vous aimeriez qu’on vous explique ?


Pourquoi les gens ne pensent qu’à gagner de l’argent. Pourquoi la société s’éloigne des gens.


Vous êtes devenu une petite souris et vous pouvez pointer votre museau partout. Où le pointeriez-vous ?


A la NASA, pour savoir comment ils comptent atteindre la planète Mars.


A quelle question aimeriez-vous répondre “Ya!” ?


Êtes-vous prêt à faire un tour avec vos amis ?

 

 

A paraître :

 

Gwad ar Granared 

 

 

Pour en savoir plus :

 

http://gwadargranared.blogspot.com